
Au début de la Première Guerre mondiale, le Canada n’a pas de force aérienne, et les dirigeants ne semblent pas envisager l’idée d’en créer une. En 1909, lorsque la Société d’expérimentation aéronautique tente de susciter l’intérêt du ministère de la Milice et de la Défense, le sous‑ministre Eugène Fiset (1874‑1951) fait part de ses réserves : « Qui sait ce que ces avions peuvent faire? »
Cette attitude va cependant changer. Le 16 septembre 1914, le Colonel Sir Samuel Hughes (1853‑1921), ministre de la Milice et de la Défense, approuve la création d’une petite unité d’aviation au sein du Corps expéditionnaire canadien : le Corps d’aviation canadien (CAC), dont l’existence sera éphémère et qui ne compte que trois membres et un aéronef, l’hydravion Burgess‑Dunne.

Même si le Canada n’a pas de force aérienne, le Royal Flying Corps (RFC) et le Royal Naval Air Service (RNAS) d’Angleterre considèrent que le Dominion est une source abondante de recrues et ils enrôlent de nombreux Canadiens dans leurs services. Au début de la guerre, ces derniers n’acceptent que les pilotes qualifiés. Ceux‑ci étant très peu nombreux, les centaines de jeunes Canadiens qui veulent se porter volontaires pour servir au sein du RFC et du RNAS doivent d’abord suivre un cours dans une école de pilotage civile et obtenir le certificat nécessaire, à leurs frais. En 1917, le RFC établit son propre centre d’entraînement au Canada, dont le quartier général se trouve à Toronto, et les escadres d’entraînement, à Camp Borden et à Deseronto (Ontario). Au total, 3 135 pilotes et 137 observateurs canadiens sont entraînés au pays entre 1917 et 1918.

En 1918, de nombreux Canadiens s’étaient enrôlés dans les services aériens britanniques, ce qui amène les dirigeants militaires à créer l’Aviation canadienne. Il s’agit d’une organisation officielle, mais elle ne compte jamais que deux escadrons entièrement canadiens et elle est dissolue au mois de février 1920.